Le ministre fédéral belge des Affaires étrangères et de la Défense, Philippe Goffin (MR), fait le point sur l'achat des masques en tissu pour l'ensemble de la population lors de "Questions en prime", une émission de la RTBF présentée par Sacha Daout ce lundi 11 mai 2020.

En direct de Bruxelles via Skype, Philippe Goffin répond aux questions de Sacha Daout ce lundi 11 mai 2020
En direct de Bruxelles via Skype, Philippe Goffin répond aux questions de Sacha Daout ce lundi 11 mai 2020

Maintenant nous allons aborder autre thème, celui des masques, parce que là aussi on a un peu l’impression que le discours n’est pas toujours très clair. Question vidéo posée par Evelyne : « Pour que la promesse que chaque Belge reçoive un masque soit réalisée, on retourne vers l’Asie pour commander des masques au lieu de se tourner vers nos producteurs locaux. Une honte. Une incompréhension totale. Que faut-il pour que nos gouvernants privilégient leurs citoyens et leur pays » ? Alors question précise, réponse précise : là aussi, Philippe Goffin, le ministre de la Défense qui a été mis en charge justement des masques, lui aussi, est avec nous. Premier petit mot monsieur Goffin : on vient d’entendre que la Belgique continue d’aller chercher des masques en Asie. Cela surprend. Est-ce que c’est vrai, d’abord ? Et est-ce que c’est indispensable, ensuite ?
Vous savez que la Défense a été chargée, au terme du Conseil des ministres du 27 avril, de lancer un marché public pour l’acquisition de masques afin de permettre à chaque Belge de disposer d’un masque. Je rappelle aussi que cette intervention du fédéral vient en support, en appui, d’autres démarches qui ont déjà été menées, notamment par les communes. De nombreuses communes ont déjà permis à leurs habitants de disposer d’un masque. Alors oui la Défense a chargée, le 27 avril dernier, de lancer un marché public, avec des règles évidemment liées aux marchés publics. Et j’entends madame qui dit qu’on a privilégié l’Asie à la Belgique. Ce n’est évidemment pas le cas en terme d’appel : on a reçu plus de cinquante propositions émanant de sociétés belges et européennes. On a constaté que nos entreprises belges n’étaient pas en capacité de fournir ici, à partir d’une production belge, la quantité souhaitée de masques. On a privilégié le côté rapide de la démarche pour permettre à nos citoyens de disposer, le plus vite possible, de masques de qualité. Je rappelle que la norme de qualité des filtres et des masques, deux choses différentes mais j’y reviendrai peut-être tout à l’heure, a été fixée seulement fin du mois d’avril, pour permettre d’avoir une qualité suffisante pour que ce soit un des moyens de protection dans le cadre de la lutte contre ce virus. Des sociétés belges ont été consultées mais, malheureusement, de par le tissu industriel actuel, qu’on peut peut-être revoir ou redéfinir pour le futur évidemment, elles n’étaient pas en capacité de produire des quantités suffisantes pour protéger nos citoyens dans un délai raisonnable.

On a bien compris le délai, l’importance aussi de faire appel à celles et ceux qui sont prêts, mais on dirait qu’il y a une nouvelle histoire belge qui s’est installée là-dedans et je voulais là aussi qu’on puisse démêler le vrai du faux. On nous dit que la Belgique a commandé, via votre intermédiaire, des masques en tissu et que Koen Geens s’occupait des filtres à glisser dans ces masques. On dit qu’en ce qui vous concerne, c’est fait, c’est trouvé, vous avez ce qu’il faut. Que Koen Geens a lui aussi trouvé. Tout va bien, sauf que les filtres ne rentrent pas dans les masques. C’est vrai ?
Le but, ce n’était pas que les filtres rentrent dans les masques. C’est bien que vous me posiez la question pour faire la clarté et la transparence sur l’opération qui est la nôtre.

  1. La première étape du gouvernement a été de veiller à ce que les services de soins de santé disposent, le plus rapidement possible, de masques à destination de leur profession : les infirmières, les médecins, les aides-soignants, les maisons de repos, etc.
  2. La deuxième catégorie, sur base des initiatives prises notamment par les communes, était de faire en sorte que des masques, fabriqués par des bonnes volontés et par des personnes qui voulaient aider, soient au rendez-vous de la sécurité. D’où l’idée de permettre, avec des filtres en ajout, de faire en sorte que ces masques soient beaucoup plus protecteurs. Les filtres qui ont été commandés par le gouvernement fédéral, sous la houlette de Koen Geens, vont pouvoir venir en renfort des masques qui ont été faits de manière artisanale par des bonnes volontés dans de nombreuses communes.
  3. Troisième catégorie, celle qui concerne la commande de la Défense, ce sont les masques autonomes : ils n’ont pas besoin de filtre supplémentaire.

Il n’y a donc pas d’histoire belge, il n’y a pas de difficulté, il n’y a pas d’oubli. Simplement, on est dans des schémas différents. La partie médicale, la partie citoyenne, et on vient renfort de celle-ci avec des filtres qui sont à disposition progressivement, et la partie grand public avec des masques autonomes commandés par le fédéral. Ils viennent en supplément, en ajout, en renfort des commandes faites localement par les communes. Parfois ce sont des masques artisanaux via les bonnes volontés locales mais parfois ce sont aussi des marchés que ces communes ont lancés, soit des marchés groupés soit des marchés individuels.

Ces distributions ont commencé dans certaines communes et elles vont se poursuivre. On a reçu beaucoup de messages de gens qui nous disent : « Je vois qu’à côté on a distribué des masques mais pas encore chez moi ». Mais tout cela, nous dit-on et on l’a vérifié sur quelques sites, cette distribution va continuer à avoir lieu, pas de souci à ce niveau-là. Grand merci à vous, Philippe Goffin, d’avoir justement pu repréciser deux éléments très importants dans cet épineux et difficile dossier des masques.

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