Alix Battard: Comment évaluez-vous qu'une destination doit basculer au rouge? Vous vous basez sur quels indicateurs?

Philippe Goffin: En fait, les indicateurs ne sont pas ceux du service public des Affaires étrangères, mais c'est le Celeval (Comité d'évaluation fédéral) qui fixe les critères. C'est ce groupe d'experts, avec également des représentants de la santé qui ,sur base des chiffres communiqués par l'Europe et des chiffres communiqués par les pays eux-mêmes, considèrent que tel ou tel pays ou telle zone de pays doit être reclassée en vert, en orange ou en rouge. Malheureusement, actuellement les chiffres de l'Espagne ne sont pas bons. Et donc, on est au-delà de 100 contaminations pour 100.000 habitants. Le Celeval a donc considéré que l'Espagne devait passer au rouge. C' est vrai qu'en début de période estivale, nous avions annoncé le fait que réserver un voyage présentait certains risques puisque la situation de la pandémie évolue et c'est malheureusement le cas en Espagne, où cela n'évolue pas très positivement pour le moment, ce qui n'est pas le cas de la Belgique où les courbes sont pour le moment favorables. Sur cette base-là, les Affaires étrangères publient l'avis de ce groupe Celeval. Pour le moment, l'Espagne est en rouge sauf Ténérife qui reste en orange.

Alix Battard: Cette augmentation de cas est due au fait que l'Espagne a ouvert ses portes aux touristes cet été?

Philippe Goffin: Evidemment, c'est difficile de poser un jugement pour le moment. On constate simplement que les chiffres espagnols ne sont pas ceux que nous espérions. Il faut aussi savoir que j'ai pris contact directement avec mon homologue la ministre espagnole des Affaires étrangères qui comprend évidemment tout à fait notre position. Je rappelle que l'Allemagne et la France ont également adopté un code rouge pour l'Espagne. On espère évidemment que cela revienne à la normale le plus rapidement possible. On le savait en début de période que nous serions dans des phases d'incertitude. On l'a vu avec la Suisse, on l'a vu avec certaines régions de France, avec certaines régions d'Espagne également. Je rappelle aussi qu'on a permis de donner un délai de quarante-huit heures (un délai de préavis) pour permettre aux personnes qui souhaitent rentrer avant de ne pas subir une quarantaine ou un test obligatoire.

Alix Battard: À ce sujet, monsieur le Ministre à partir de quand exactement les Belges ont 48 heures pour rentrer?

Philippe Goffin: Et bien, comment ça fonctionne? Les annonces sont faites le mercredi aux alentours de 16 heures et on donne un préavis de quarante-huit heures pour permettre aux personnes qui ont la capacité de revenir la possibilité de revenir endéans les 48 heures. Cela veut dire concrètement que le dernier moment est vendredi en fin d'après-midi. Toutes ces personnes qui savent rentrer vendredi avant la fin de l'après-midi ne devront pas subir une quarantaine obligatoire et un test obligatoire. On est alors dans la condition du code orange, c'est-à-dire une quarantaine fortement recommandée, un test fortement recommandée mais pas obligatoire.